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poésie 57LECTURES

Épode IV

Toute la haine que la destinée a mise entre les loups et les agneaux, je l’ai pour toi dont le flanc est noir des cordes Ibériques et dont les jambes sont meurtries par les entraves. En vain tu marches orgueilleux de ta richesse, la fortune ne change point ta race. Ne vois-tu pas, quand tu couvres la Voie Sacrée des neuf aunes de ta toge, comme la libre indignation des passants détourne la tête çà et là ? « Déchiré par le fouet des Triumvirs, lui qui a fatigué le crieur, il laboure mille arpents du fonds de Falernum, il bat du pied de ses chevaux la voie Appienne, et, noble chevalier, il s’assied sur les premiers bancs, au mépris de la loi d’Otho ! Pourquoi mener tant de lourdes nefs à proues d’airain contre les pirates et une bande d’esclaves, si celui-ci, celui-ci est tribun des soldats ! »

(traduction: Leconte de Lisle)