À Phyllis

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Les Satires d'Horace valent, entre autres, pour le répertoire de locutions et de formules qu'elles constituent. Sa langue, dense, parfois difficile, traduite fidèlement par le poète parnassien  [+]

J’ai, depuis neuf ans et plus, un tonneau plein de vin Albain ; il y a dans mon jardin, Phyllis, de l’ache pour tresser des couronnes et une grande abondance de lierre
Dont tu fais briller tes cheveux renoués. L’argent rit dans ma demeure ; l’autel, ceint de chastes verveines, veut être arrosé du sang d’un agneau sacrifié.
Toutes les mains se hâtent ; çà et là, les jeunes filles courent mêlées aux jeunes hommes ; les flammes pétillent, roulant au ciel une noire fumée.
Afin que tu saches à quelle fête je t’appelle, il te faut célébrer les Ides qui coupent le mois d’avril, le mois de Vénus marine.
C’est un jour solennel pour moi, plus sacré que mon propre jour natal, car c’est de celui-là que mon cher Mæcenas compte les années qui affluent sur lui.
Une jeune fille riche et lascive possède Téléphus que tu demandes et qui ne t’est pas destiné, et elle le retient dans ses liens qu’il aime.
Phaéthon consumé épouvante les espérances avides, et Pégasus ailé, impatient de son cavalier terrestre, Bellérophon, te prévient, par un terrible exemple,
De ne rechercher que les biens légitimes, et, n’ espérant rien au delà de ce qui est permis, d’éviter celui qui n’est point ton égal. Viens donc, ô fin de mes amours,
Car, après toi, je ne brûlerai pour aucune autre femme. Apprends les vers que répète ta voix que j’aime. Les noirs soucis se dissiperont à tes chants.
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