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poésie 67LECTURES

À Lycé

Les Dieux, Lycé, ont entendu mes vœux ; les Dieux m’ont entendu, Lycé. Te voilà vieille, et, cependant, tu veux paraître belle ; tu joues et tu bois impudemment.
Et, d’un chant tremblant, après avoir bu, tu sollicites le Désir rebelle. Il repose sur les belles joues de la jeune Chia habile à toucher de la lyre.
Dédaigneux, il vole loin des chênes desséchés, et il te fuit, parce que tes dents livides, tes rides et les neiges de ta tête te déshonorent.
Ni la pourpre de Cos, ni les pierres étincelantes ne te rendront les années que le temps ailé a une fois renfermées dans les fastes.
Où se sont enfuis, et Vénus, hélas ! et tes couleurs, et tes mouvements gracieux ? Qu’as-tu gardé de celle qui respirait l’amour, de celle qui me ravissait à moi-même,
Heureuse d’être, après Cinara, célébrée pour ses charmes ? Mais les destins ont donné de brèves années à Cinara, et ils ont longtemps conservé
Lycé égale en âge à la vieille corneille, afin que les jeunes hommes ardents ne pussent voir, sans éclats de rire, une torche réduite en cendre.