Temps de lecture
1
min
poésie 100LECTURES

À la République

Ô Nef, les flots vont-ils encore t’emporter en mer ? Oh ! Que fais-tu ? reste immuablement au port. Vois ! ton flanc n’a plus d’aviron,
Ton mât est blessé par le rapide vent d’Afrique, tes antennes gémissent, et, sans câbles, ta carène pourrait à peine résister à la violente mer.
Tes voiles ne sont plus entières ; il n’est point de Dieux que tu puisses invoquer dans un nouveau malheur. Bien que tu sois un pin Pontique et fille d’une noble forêt,
Tu te vantes en vain de ta race et de ton nom. Le matelot effrayé ne se fie pas seulement à des poupes peintes. Prends garde de n’être plus que le jouet des vents !
Toi, naguère, mon inquiétude et mon ennui, maintenant mon regret et mon amer souci, évite les flots qui roulent entre les blanches Cyclades.