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poésie 98LECTURES

À Apollo

Dieu qui châtias la langue orgueilleuse de Niobé sur sa race, et le ravisseur Tityos, et le Phthien Achillès presque vainqueur de la haute Troja,
Plus grand que tous, mais guerrier inférieur à toi, bien que, fils de Thétis marine, il ébranlât les tours Dardaniennes des coups de sa lance terrible :
Tel qu’un pin frappé du fer qui mord, ou qu’un cyprès renversé par l’Eurus, il tomba au loin contre terre et posa le cou dans la poussière Troienne.
Il ne se serait point enfermé dans le cheval faussement voué à Minerva, afin de surprendre les Troiens, au milieu d’une fête fatale, et le palais de Priamus plein de danses joyeuses ;
Mais, ouvertement, terrible aux vaincus, il aurait, hélas ! hélas ! consumé par les flammes Achiviennes les enfants innocents et ceux cachés encore dans le sein de leur mère,
Si, touché par tes prières et celles de l’aimable Vénus, le père des Dieux n’avait accordé aux destinées d’Ænéas des murs élevés sous de meilleurs auspices.
Toi qui enseignes la lyre à l’harmonieuse Thalia, Phœbus, qui laves tes cheveux dans le fleuve Xanthos, défends l’honneur de la muse Daunienne, brillant Agyeus !
Phœbus m’adonne le souffle, Phœbus m’a donné l’art du chant et le nom de poëte. Nobles vierges, et jeunes hommes nés de pères illustres,
Que protège la déesse Délienne qui force de son arc les lynx et les cerfs, observez le rhythme Lesbien et le coup de mon pouce.
En chantant selon le rite l’enfant de Latona et la croissante lumière nocturne, propice aux moissons, et qui déroule rapidement les mois.
Récemment mariée, tu diras : « Au retour de la fête séculaire, j’ai dit un chant aimé des Dieux, docile aux leçons du poëte Horatius ! »