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Lorsque lasse est, de me lasser ma peine

Lorsque lasse est, de me lasser ma peine,
Amour d’un bien mon mal rafraîchissant,
Flatte au cœur mort ma plaie languissant,
Nourrit mon mal, et lui fait prendre haleine.

Lors je conçois quelque espérance vaine :
Mais aussitôt, ce dur tyran, s’il sent
Que mon espoir se renforce en croissant,
Pour l’étouffer, cent tourments il m’amène

Encor tous frais : lors je me vois blâmant
D’avoir été rebelle à mon tourment.
Vive le mal, ô dieux, qui me dévore,

Vive à son gré mon tourment rigoureux.
Ô bienheureux et bienheureux encore
Qui sans relâche est toujours malheureux.