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lettre 31LECTURES

Lettre du août 1869

Kermadio, 4 août 1869.

Honneur, salut et gloire à mon cher petit bien-aimé Jacquot, honneur de la famille ! Voilà donc un pauvre petit, qui, il y a trois ans, entrant, ignorant comme un pauvre âne, à Vaugirard, dès les premiers mois saute de quarante-cinquième à premier, remporte les premiers prix de sa classe, et cette fois a neuf nominations dont quatre premiers prix superbes, surtout celui d’excellence, et cinq nominations honorables dont 1 optime. Tu juges si je suis contente et si je regrette de ne pas pouvoir t’embrasser. Je t’ai envoyé par Léon une récompense honnête, quoique bien au-dessous de tes mérites. Si ton pauvre grand-père de Pitray vivait encore, comme il serait heureux et fier de tes succès !... Adieu, mon cher et bon petit Jacques, je t’embrasse tendrement... Au revoir à Livet, petit chéri. Je te remercie du livret des prix que lu m’as envoyé. Je croyais que la distribution était aujourd’hui. Je t’ai écrit à Vaugirard lundi.

Grand’mère de Ségur.