Temps de lecture
1
min
lettre 34LECTURES

Lettre du 31 décembre 1865

Paris, 31 décembre 1865.

Mon bon petit Jacques, un mot pour te souhaiter une bonne année et pour te prévenir que tu dois recevoir en même temps que ma lettre une petite caisse contenant : un petit panier en argent ciselé pour maman ; une petite valise de voyage pour Françon ; un petit microscope pour Paul ; un miroir à alouettes pour loi ; une boussole et une petite lorgnette à image pour toi, une pour Jeannet, une petite pour Paul ; deux flacons à parfums exquis, un pour toi (celui que tu voudras), un pour Jeannet ; c’est un parfum qui vient du Brésil, apporté à Honorine par un jeune cuisinier marin et qui est rare et hors de prix ; il faut en mettre une ou deux gouttes pour tout embaumer. Tu choisiras le flacon que tu voudras. J’avais pour Jeannet une petite ménagère ; mais au moment de faire le paquet, je ne l’ai pas retrouvée. Adieu, mon bon excellent petit Jacques, je t’embrasse tendrement. Si ta caisse n’arrive pas demain, demande au facteur de te l’apporter ; elle est très légère et pas grande. Tu planteras en terre le long bout d’acier du miroir à alouettes ; tu mettras le bout de cuivre sur la petite pointe ; tu poseras dessus le miroir à facettes. Tu dérouleras la ficelle ; tu tireras légèrement la ficelle et tu la lâcheras alternativement en maintenant le bout de la ficelle dans ta main, le plus loin possible du miroir. Voilà tout. Le microscope doit se retirer de son étui de cuivre ; on regarde par le petit bout ; il y a dedans du millet ; si tu veux y mettre autre chose, une mouche, une puce ou plusieurs puces, et tout ce que tu voudras, tu dévisseras le bas et tu y mettras ce que tu veux.

Adieu, petit chéri, je t’embrasse encore ; bien des amitiés à notre cher M. Anneau...