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lettre 37LECTURES

Lettre du 23 juillet 1867

Les Nouettes, 1867, 23 juillet.

Mon bon et cher petit Jacques,

Je te demande toujours de ne pas m’écrire parce que je sais que tu n’as pas le temps ; mais aujourd’hui, je te demande au contraire de m’écrire deux ou trois lignes quand le jour des vacances sera fixé. Et surtout n’oublie pas de l’écrire à papa pour qu’il vienne te chercher bien exactement. Les vacances de Jeanne ne commenceront que le 16, si elle veut assister à la distribution des prix qui se donnent le 16, à 2 heures ; elle espère en avoir, car elle a été presque toujours première en conduite, en lecture, écriture, politesse, piété et travail à l’aiguille.

En t’attendant, Paul monte tous les jours à cheval, conduit en laisse par papa pendant une bonne heure. Le pauvre papa revient en nage, car il court presque tout le temps pour faire trotter ton petit cheval qui est devenu plus sage et plus docile à la bride.

Paul et Françoise ont dîné aux Nouettes avant-hier dimanche ; Gaston avait un tambour et il a fait faire l’exercice à son régiment composé de Paul, Françoise, Marie Méthol et le petit Léger, qui étaient armés de bâtons en guise de fusils. Ton oncle Gaston a vu à Paris un de tes camarades de collège qui lui a dit que tu étais le premier et le meilleur élève de ta classe. Ton oncle en a été très content ; tu vois que tes efforts ont déjà leur récompense et que ta réputation s’établit. Louis revient de Kermadio le 5 ou le 6 ; il prend des bains de mer tous les jours... Pierre espère avoir des prix au collège ; on les donne le 8, le lendemain du grand concours. Adieu, mon petit Jacques chéri, je t’embrasse bien tendrement.

N’oublie pas mon adresse : aux Nouettes, Laigle (Orne). Ton oncle Gaston t’embrasse ; il retourne à Paris jeudi 26 ; il revient aux Nouettes le 5 ou 6 août. Si tu as à lui écrire, c’est rue du Bac, n° 39.