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Lettre du 2 mars 1865

Paris, 2 mars 1865.

Mon cher petit Jacques chéri, je suis très contente que ton poignard te fasse plaisir, et j’espère que tu n’auras jamais occasion de t’en servir pour ta défense personnelle ; il est terriblement pointu, coupant et dangereux ; ainsi ne le laisse pas traîner, et surtout que Paul n’y touche pas. Maman m’a écrit que tous vos gros ballons étaient crevés ; est-ce que le gros beau de 5 francs que je t’ai envoyé a pu être percé ? Il était pourtant bien épais et bien dur. Je soupçonne Paul de l’avoir lardé et je t’engage, quand tu en auras un autre, à le serrer soigneusement et à le confier à l’honneur et à l’amitié de M. Anneau, toutes les fois que tu ne joueras pas avec. Pierre et Henri reviennent à Paris dans vingt jours ; je t’écrirai s’ils sont grandis, et ce qu’ils racontent de Rome. Je crois que Henri ne s’y est pas beaucoup amusé. Il te racontera tout cela lui-même quand il viendra aux Nouettes.

Tu vas voir dans quelques jours ton oncle Rostoptchine qui veut absolument aller chercher lui-même ta tante Lydie. Ton cousin Louis de Malaret est toujours souffrant, pâle et maigre, depuis son angine couenneuse ; on pense pourtant à lui donner un précepteur, parce que Mlle H. ne suffit plus ; il commence le latin. Quand tu le commenceras, je te donnerai un excellent livre nouveau pour comprendre et apprendre le latin en très peu de temps, de sorte que dans trois mois tu rattraperas tes cousins... Pierre a envie d’entrer au collège... Adieu, mon cher excellent petit Jacquot ; dis-moi si tu as encore eu des crises d’estomac. Je t’embrasse bien fort...