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lettre 37LECTURES

Lettre du 18 juin 1872

Kermadio, 18 juin 1872.

Mon cher petit Jacques, je ne t’ai pas écrit ces jours-ci, parce que j’avais la tête ébranlée par une petite attaque comme il y a trois ans, mais très légère ; la tête n’a plus rien, les jambes seules ont encore perdu de leur solidité et je marche avec une canne qui est bien réellement mon bâton de vieillesse : dans trois semaines j’aurai 73 ans ; un vrai Mathusalem, mais non hélas ! pour la sagesse. Tu sais que les Anatole de Ségur sont ici depuis quinze jours, pas à Kermadio où il n’y a pas de place, mais au Sablène, jolie petite propriété au bord de la mer, à l’entrée d’Auray, loin de Kermadio comme Livet du Saussay. Pierre est toujours ici ; il est enchanté. Adieu, mon cher bon petit Jacques, je t’aime et je t’embrasse bien tendrement. A revoir, au premier jour de vacances jusqu’au jour de rentrée. J’embrasse bien mon petit Paul. Il faut que je lui écrive pourtant à lui directement ; je le ferai dans trois ou quatre jours...

Grand’mère de Ségur.