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Ce me fait la maladie

Hé Dieux ! que le temps m’anuie,
Un jour m’est une sepmaine ;
Plus qu’en yver longue pluie,
M’est ceste saison grevaine.
Helas! car j’ay la quartaine,
Qui me rent toute estourdie
Souvent et de tristour pleine
Ce me fait la maladie.

J’ay goust plus amer que suye,
Et coulour pasle et mausaine;
Pour la toux fault que m’appuye
Souvent, et me fault l’alaine.
Et quant l’excès me demaine,
Adonc ne suis tant hardie
Que je boive que tysaine
Ce me fait la maladie.

Je n’ay garde que m’enfuye;
Car, quant je vois, c’est a peine
Non pas l’erre d’une luie,
Mais par une chambre plaine.
Encor convient qu’on me maine,
Et souvent fault que je die :
«Soustenez moy, je suis vaine.»
Ce me fait la maladie.

Medecins, de mal suis plaine,
Garissez moy, je mendie
De santté qui m’est longtaine ;
Ce me fait la maladie.