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œuvres érotiques 142LECTURES

Contre une courtisane

À moi, vers caustiques et mordants, accourez tous tant que vous êtes. Une infâme prostituée ose se jouer de moi ; elle refuse de me rendre mes tablettes, ces tablettes illustrées par vous ; et vous pourriez le souffrir ! Non, poursuivons-la de nos sarcasmes, pour la forcer à restitution. Quelle est cette drôlesse ? dites-vous. C’est celle que vous voyez s’avancer d’un air si effronté, et dont la bouche maussade et grimacière ressemble, quand elle rit, à la gueule d’un chien gaulois. Il faut l’assaillir de toutes parts, la relancer sans relâche : Sale coquine, rends-moi mes tablettes ; rends-moi mes tablettes, sale coquine. – Elle s’en soucie comme de rien ! – Infâme coureuse, rebut des mauvais lieux, et pire encore, s’il est possible.
Mais cela, je pense, ne suffit pas encore. Tâchons du moins, faute de mieux, de faire rougir le front d’airain de cette impudente chienne : criez tous à la fois et encore plus fort : Sale coquine, rends-moi mes tablettes, rends-moi mes tablettes, sale coquine. – Peine inutile ! rien ne l’émeut. Il faut changer de ton et de langage, peut-être réussirons-nous mieux. – Chaste et pudique vestale, rends-moi mes tablettes.