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poésie 68LECTURES

À sa campagne

Ô ma campagne, soit de la Sabine, soit de Tibur ; car tous ceux qui n’ont pas l’intention de me blesser, te font dépendre de Tibur : tandis que ceux qui veulent me piquer parient tout au monde que tu appartiens à la Sabine. Enfin, Sabine ou Tiburtaine, quel plaisir, ô ma campagne, j’ai goûté dans ta retraite voisine de la ville ! Je m’y suis délivré de cette toux maudite qui déchirait ma poitrine, de cette toux, juste punition de l’intempérance qui m’a fait rechercher des repas somptueux ! car, pour avoir voulu être le convive de Sextius, il m’a fallu subir la lecture de son plaidoyer contre Antius ; lecture funeste et pestilentielle, qui m’a fait contracter une fièvre de refroidissement et une toux déchirante dont j’ai souffert jusqu’au moment où réfugié dans ton sein, je me suis guéri par le repos et des infusions d’orties. Rétabli maintenant, je te rends grâces d’avoir accueilli ma faute avec tant d’indulgence. Aussi je consens, si jamais j’écoute encore les perfides écrits de Sextius, que le froid apporte le catarrhe et la toux, non pas à moi, mais à ce bourreau qui ne vous invite à dîner que pour vous lire ses tristes plaidoyers.