Temps de lecture
1
min
poésie 91LECTURES

À Flavius

Flavius, si la beauté qui te captive avait quelque chose d’aimable, de gracieux, tu voudrais me le dire, tu ne pourrais le taire à ton cher Catulle. Mais tu aimes je ne sais quelle courtisane maladive, et tu n’oses me l’avouer. Tes nuits, je le sais, ne se passent pas dans le veuvage ; ton lit, bien que muet, dépose contre toi ; les guirlandes dont il est orné, les parfums qu’il exhale, ces carreaux, ces coussins partout foulés, les craquements de cette couche élastique et mobile, tout me révèle ce que tu voudrais me cacher. Pourquoi donc ces flancs amaigris, s’ils ne trahissent tes folies nocturnes ? Ainsi, fais-moi part de ta bonne ou peut-être de ta mauvaise fortune. Je veux, dans mes vers badins, immortaliser Flavius et ses amours.