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Philosophie

Va, mon vieux, va comme j’ te pousse,
À gauche, à doit’, va, ça fait rien,
Va, pierr’ qui roule amass’ pas mousse,
J’ m’appell’ pas Pierre et je l’ sais bien.
Quand j’étais p’tit j’ m’app’lais Émile,
À présent on m’appelle Éloi ;
Va, mon vieux, va, n’ te fais pas d’ bile,
T’es dans la ru’, va, t’es chez toi.

Va, mon vieux, pouss’-toi d’ la ballade
En attendant l’ jour d’aujord’hui,
Va donc, ya qu’ quand on est malade
Qu’on a besoin d’ pioncer la nuit ;
Tu t’ portes ben, toi, t’as d’ la chance,
Tu t’ fous d’ la chaud, tu t’ fous d’ la foid,
Va, mon vieux, fais pas d’ rouspétance,
T’es dans la ru’, va, t’es chez toi.

De quoi donc ?... on dirait d’un merle,
Ej’ viens d’entende un coup d’ sifflet !...
Mais non, c’est moi que j’ lâche eun’ perle,
Sortez donc, Monsieur, s’i’ vous plaît...
Ah ! mince, on prend des airs de flûte,
On s’ régal’ d’un p’tit quant-à-soi...
Va, mon vieux, pèt’ dans ta culbute,
T’es dans la ru’, va, t’es chez toi.

D’abord ej’ comprends pas qu’on s’ gêne,
Ej’ suis ami d’ la liberté,
J’ fais pas ma Sophi’, mon Ugène,
Quand ej’ pète, ej’ dis : j’ai pété.
Et pis nous somm’ en République,
On n’est pus su’ l’ pavé du roi ;
Va, va, mon vieux, va, pouss’ ta chique,
T’es dans la ru’, va, t’es chez toi.