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poésie 420LECTURES

Lézard

On prend des magnièr’ à quinze ans,
Pis on grandit sans
Qu’on les perde :
Ainsi, moi, j’aim’ ben roupiller,
J’ peux pas travailler,
Ça m’emmerde.

. . . . . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . . . . .

J’en foutrai jamai’ eun’ secousse,
Mêm’ pas dans la rousse,
Ni dans rien.
Pendant que l’soir ej’ fais ma frape,
Ma sœur fait la r’tape,
Et c’est bien :

Alle a pus d’ daron, pus d’ daronne,
Alle a plus personne,
Alle a qu’ moi.
Au lieu d’ sout’nir ses père et mère,
A soutient son frère,
Et pis, quoi ?

Son maquet, c’est mon camarade :
I’ veut ben que j’fade
Avec eux.
Aussi j’ l’aime mon beau-frère Ernesse,
Il est à la r’dresse,
Pour nous deux.

Ej’ m’occup’ jamais du ménage,
Ej’ j’suis libe, ej’ nage
Au dehors,
Ej’ vas sous les sapins, aux Buttes,
Là, j’allong’ mes flûtes,
Et j’ m’endors.

. . . . . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . . . . .

On prend des magnièr’ à quinze ans,
Pis on grandit sans
Qu’on les perde :
Ainsi, moi, j’aim’ ben roupiller,
J’ peux pas travailler,
Ça m’emmerde.