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poésie 67LECTURES

Les Quat' pattes

Les Quat’ patt’s, c’est les chiens d’ Paris,
Les voyous, les clebs ed’ barrière,
C’est les ceux qui sont jamais pris...
Qui va jamais à la fourrière.

Car c’est pas des toutous d’Agnès
Ni des cabots d’ propriétaires :
C’est mêm’ pas des chiens d’ locataires ;
I’s sont lib’s comm’ Mossieu Barrès.

I’s ont tous des gueul’ à la flan :
C’est des croisés qui sont pas d’ race.
Vrai !... c’est pas eux qu’est des chiens d’ chasse
Mais pour leur mett’, y a pas plan.

I’s sont d’ la ru’, c’est des joyeux...
Oui... mais c’est des joyeux honnêtes,
Et malgré qu’ ça soy’ que des bêtes
I’s ont d’ la bonté plein les yeux.

Et pis i’s trott’nt... et pis les v’là,
L’ blaire au vent, la queue en trompette,
Avec leur trou du cul qui pète
Au museau d’ celui qui s’ trouv’ là.

Et l’ museau répond : « Ça va bien,
J’ te r’merci’... n’en v’là d’un’ rencontre !...
Tourn’-toi donc un peu que j’ te l’ montre,
À mon tour... vas-y, vieux, sens l’ mien. »

Ya des fois qu’i’s font du potin,
I’s japp’, i’s piss’, i’s font des magnes...
Dam’ les clebs i’s ont pas des pagnes
Pour plumer avec leur putain.

Et comme en somme i’s sont pas d’ bois,
I’ faut qu’i’s fass’nt ça dans la rue,
Sous les yeux d’ la foule accourue
Et des bons sergots aux abois.

Ça n’empêch’ qu’i’s sont jamais pris,
Car c’est les clebs ed’ la barrière,
Les quat’ patt’s, quoi ! les chiens d’ Paris...
Ceux qui va pas à la fourrière.