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poésie 178LECTURES

À la Bastoche

Il était né près du canal,
Par là... dans l’ quartier d’ l’Arsenal,
Sa maman, qu’avait pas d’ mari,
L’appelait son petit Henri...
Mais on l’appelait la Filoche,
À la Bastoche.

I’ n’ faisait pas sa société
Du géni’ de la liberté,
I’ n’était pas républicain,
Il était l’ami du Rouquin
Et le p’tit homme à la Méloche,
À la Bastoche.

À c’tte époqu’-là, c’était l’ bon temps  :
La Méloche avait dix-huit ans,
Et la Filoche était rupin :
Il allait des fois, en sapin,
Il avait du jonc dans sa poche,
À la Bastoche.

Mais ça peut pas durer toujours,
Après la saison des amours
C’est la mistoufe et, ben souvent,
Faut s’ les caler avec du vent...
Filer la comète et la cloche
À la Bastoche.

Un soir qu’i’ n’avait pas mangé,
Qu’i’ rôdait comme un enragé ;
Il a, pour barboter l’ quibus
D’un conducteur des Omnibus,
Crevé la panse et la sacoche,
À la Bastoche.

Et sur la bascule à Charlot,
Il a payé sans dire un mot :
À la Roquette un beau matin,
Il a fait voir, à ceux d’ Pantin,
Comment savait mourir un broche
De la Bastoche !

Il était né près du canal,
Par là... dans l’ quartier d’ l’Arsenal,
Sa maman, qu’avait pas d’ mari,
L’appelait son petit Henri...
Mais on l’appelait la Filoche,
À la Bastoche.