Temps de lecture
1
min
poésie 188LECTURES

Henriquez

Je le vois bien, il est dans ma destinée d’être pendu ou marié.
Lope de Vega.

« Il y a un an que je vous commande, leur dit le capitaine, qu’un autre me succède. J’épouse une riche veuve de Cordoue, et je renonce au stylet du brigand pour la baguette du corrégidor. »
Il ouvrit le coffre : c’était le trésor à partager, pêle-mêle des vases sacrés, des quadruples, une pluie de perles et une rivière de diamants.
« À toi Henriquez, les boucles d’oreilles et la bague du marquis d’Aroca ! à toi qui l’as tué d’un coup de carabine dans sa chaise de poste ! »
Henriquez coula à son doigt la topaze ensanglantée, et pendit à ses oreilles les améthystes taillées en forme de gouttes de sang.
Tel fut le sort de ces boucles d’oreilles dont s’était parée la duchesse de Médina-Cœli, et qu’Henriquez, un mois plus tard, donna en échange d’un baiser à la fille du geôlier de la prison !
Tel fut le sort de cette bague qu’un hidalgo avait achetée d’un émir au prix d’une blanche cavale, et dont Henriquez paya un verre d’eau-de-vie, quelques minutes avant d’être pendu !