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L'adjudant Fournaux

Le 20 avril 1901, pendant une inspection dans la cour de la caserne de la Pépinière, l’adjudant Fournaux, ayant voulu replacer, avec une précipitation zélée, sur la tête du soldat Lamiré son képi tombé, trois dents du soldat churent à leur tour, on ne sait comment, et l’adjudant, pour excuser cette mauvaise tenue sur les rangs, s’en déclara personnellement responsable, se disant sujet à des mouvements involontaires et trop brusques, appris à Joinville et « effet direct de la pratique de la boxe ».
Ce brave sous-officier s’exposait ainsi bénévolement à tomber sous le coup de l’article 229 du Code militaire, qui punit les voies de fait envers les inférieurs.
La justice militaire sait, heureusement, apprécier, et le conseil a prononcé, presque sans délibération et à l’unanimité, l’acquittement.
Il nous revient qu’un boucher appliqua ainsi, sans y penser, les mouvements acquis dans l’exercice de son commerce, d’abord à assommer, puis à dépecer l’un de ses clients en divers quartiers. Or, il languit maintenant dans les bagnes. À quand sa réhabilitation ?
Il est vrai que c’était un civil.