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 Drame Famille Suspense

Une terrible erreur 

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Ses mains enserraient ses tempes. Éloi, la trentaine bien entamée, ressassait les dernières heures en tentant de lutter contre les maux de tête agitant son crâne. Il se demandait comment il avait pu en arriver là.

À son réveil, le spectacle qui l’avait entouré était repoussant. Répugnant. Horrible. D’épouvantables nausées retournaient son estomac.
Deux cadavres étaient couchés à ses pieds. Le sol était maculé de taches, partiellement séchées. Il allait devoir faire en sorte de tout faire disparaître au plus vite.

Ses souvenirs étaient troubles. Éloi revoyait les derniers échanges avec sa femme, quelques heures plus tôt. Louise était hors d’elle. La jeune femme ne supportait plus les sautes d’humeur incessantes de son conjoint. « Une véritable girouette ! » avait-elle crié. De rage, et pour tenter d’évacuer sa colère, elle avait lancé une assiette dans l’évier. Le service de vaisselle n’était plus au complet, mais c’était le cadet de ses soucis.
L’ambiance qui régnait avait rendu leur petite fille de quatre ans, Cassandre, plus nerveuse que d’ordinaire. Elle s’agitait, ignorant les consignes répétées de ses parents, ajoutant à la tension du moment.

Une chose en entraînant une autre, la situation avait fini par déraper plus encore. Des mots sans cesse plus hauts. Et puis, ce petit quelque chose qui fait que tout bascule. Il était devenu impossible d’enrayer une tragique escalade.

Trois heures s’étaient écoulées depuis ce qu’Éloi considérait, à raison, comme un drame familial. Il saisit un cadre contenant une photo présentant son bonheur passé. Dans l’absolu, pas si lointain. Louise l’enlaçait, posant les lèvres sur sa joue. Lui tenait leur petit trésor dans ses bras. Tout le monde souriait. Maintenant, tout était gâché.

Il se sentait responsable de la descente aux enfers qu’avait vécu la maisonnée jusqu’à cette terrible seconde. Ce geste brusque. Ce bruit sourd. Et puis, plus rien.

Les questions se bousculaient dans son esprit embrumé. Il se croyait meilleur que l’homme qu’il venait d’être. Il était conscient qu’il allait devoir tout nettoyer. Effacer les traces de cette terrible erreur.

Il allait commencer par prendre une douche pour couper l’influence néfaste des deux litres d’alcool qu’il avait ingurgités. Lui qui n’en buvait jamais, il avait du mal à gérer. Ensuite, il s’attaquerait au nettoyage du salon où le carrelage était devenu collant. D’abord, ramasser les morceaux de verre éparpillés. Ensuite, la serpillière allait devoir affronter les restes de whisky et de Martini Rosso qui s’étaient échappés des deux cadavres de bouteilles éventrées.

Une fois que la maison aurait retrouvé un aspect pimpant, il pourrait tenter de réparer ce qui pouvait l’être avec sa Louise. « Je vais chez mes parents avec Cassandre pour le week-end ! » avait-elle crié en claquant la porte. Devait-il attendre lundi pour s’excuser ?