Temps de lecture
3
min

 Erotisme

Sauna mixte 

Wagner

Wagner

22392 lectures

26 voix

Du monde, trop de monde. Des couples, légitimes ou illégitimes, des couples de plaisirs ou des couples montés de toute pièce pour réduire les coûts de l'entrée.

Mon verre à la main pour masquer ma timidité, mon paréo de pacotille pour masquer mon corps quelconque, je suis mollement et vaguement avachi dans ce sofa ameubli pas moult paires de fesses.
La flamme de la bougie posée sur la table basse n'allume même pas mon œil endormi. Je végète tel une plante dans une terre trop pauvre...

Puis je lève ma maigre carcasse pour tromper mon ennui, histoire de faire semblant d'être vivant. Ils sont tous à jacter, à boire, à rire violemment comme pour bien montrer que eux sont heureux et joyeux.
Je passe le pédiluve, me coule sous la douche tiède qui me revigore quelque peu les neurones en partance et descends dans le jacuzzi désert.

Je me mets à comater doucement, allongé dans les bulles, doigts de pieds en éventail, yeux fermés pour aider mes courbatures à disparaître de mes pensées. Je ne pense plus, du reste. Je vogue en dérive ou plutôt je suis tel le voilier que le capitaine met à la cape dans le gros temps, pour éviter de perdre son navire : je flotte au gré des remous, tête en arrière, quincaillerie ramollie ballottée par les vagues.

Une bulle différente des autres vient bientôt caresser ma cuisse. Une bulle à cinq doigts ?

J'ouvre les yeux pour croiser ceux d'une inconnue. Des yeux sombres, doux, perçants. Au travers de mes lunettes embuées, je détaille un visage ovale, aux pommettes rebondies, une bouche souriante, un regard mutin.
La main continue de caresser doucement ma cuisse. Mon regard doit être inquiet que le sourire s'agrandit. La main s'aventure...

Je prends cent degrés au thermostat, ne sais si je dois bouger, faire un pas, avancer une main, sourire, crier, prendre avidement ce qui me semble être offert.
Alors lâchement je referme les yeux, penche ma tête en arrière et ouvre un peu le compas de mes jambes.

L'odieuse en profite sournoisement pour remonter sa main le long de l'intérieur de ma cuisse, au delà du raisonnable. Les conséquences de cette caresse ne tardent pas à se manifester.

Je me redresse, m'arrachant à cette douceur pour donner la mienne. J'éparpille mes doigts sur son corps ; dix yeux avides de connaissance partent à la découverte de cette géographie offerte et consentante. La peau est douce, vibrante, délicate. Ses mains continuent de m'explorer; je les laisse me découvrir intimement. J'y réponds avidement, parcourant monts et vallées pour y croiser des frémissements nouveaux.

Je prends sa main, emmène cette nymphe hors de l'eau vers une de ces alcôves qui peuvent être aussi intimes que le marché d'Aligre mais qui sera ce soir, pour nous seuls, un cocon égoïste et sensuel.
Elle s'allonge sur le dos, indécente et pudique. Mon souffle est court, sa poitrine monte et descend doucement, gonflant ses seins.

Mon « embarras » est désormais à son comble. Je le cache en caressant ses chevilles en un massage délicat.
Puis ses jambes, ses cuisses qu'elle ouvre un peu pour que je puisse contempler l'objet de mes désirs. Je passe outre l'invite et masse ses mains, ses bras, ses épaules, son cou, sa gorge, ses flancs.
Sa main m'a pris, me caresse... Mon désir monte, ses yeux sont sourires.

Dans un murmure, je lui demande de se retourner. Je découvre alors une douce cambrure, une croupe ronde et avenante. Mes mains parcourent ses pieds, détaillant chaque orteil, puis ses mollets, ses cuisses qui s'ouvrent à nouveau.

Je m'insinue doucement, puis parcours ses reins, gravis son dos, rejoins ses épaules qui soudainement s'effondrent ; elle lâche un soupir long et profond et glisse dans une évanescence insondable. Ses muscles se détendent en une confiance qui me fait soupirer d'aise.
Mes mains se font papillon, volent sur son corps alangui qui s'enfonce toujours plus dans l'abandon.
Sa tête repose sur le coté, yeux fermés, un léger sourire au bord de lèvres ; je perçois sa respiration régulière.

Alors je ne puis résister. Remontant lentement le long de ses cuisses entrouvertes, je commets l'irréparable en frôlant son sexe.
Elle m'offre alors sa croupe en se cambrant, s'ouvre plus. Je ne résiste pas à cette invite ; je parcours ses lèvres de mes doigts, recueille sa vulve au creux de ma main, que je sens bomber vers moi pour venir s'y reposer.
Ma bouche parcourt ses reins, sa respiration devient haletante, elle gémît, s'appuie plus fort sur ma main, s'y caresse longtemps, longuement, passionnément. Sa main m'a retrouvé.

Mes doigts flirtent en elle qui me laisse faire à ma guise, s'abandonnant totalement.

Je couvre ses reins de baisers, ma main et mes doigts se font toujours plus pressants, plus invasifs, ses gémissements deviennent plus forts, sa bouche est ouverte sur des halètements rauques. Je recherche son plaisir. Elle m'aide à le découvrir, me guide par ses mouvements puis se tétanise violemment sur ma main qu'elle emprisonne entre ses cuisses.
Un cri, des secousses, un tremblement qui semble ne plus finir. J'ai posé ma joue au creux de ses reins, comme pour apaiser ses convulsions.

Elle s'effondre, s'apaise, garde ma main humide sous son mont de Vénus, m'emprisonne un instant qui semble une éternité.

Puis se retourne, libérant l'objet de ses plaisirs, me sourit, me tend les bras et je plonge vers elle dans un enlacement puissant comme si nous ne voulions ne faire qu'un, souffles partagés, corps en sueurs, seuls au monde sur un océan apaisé.