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Réconfort naturel Manouli

EN COMPET'
AUTOMNE 2012
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Elle ne croyait en rien. Ni en Dieu, ni aux êtres possédant un quelconque pouvoir. Pour elle, la vie se résumait à un simple moment d'incertitude long et douloureux. Dans son enfance, il lui était pourtant arrivé de croire au Père Noël, o même de se retrouver à plat ventre en dessous de son lit sous prétexte que les monstres de sa chambre allait la dévorer, mais désormais, le temps n'était plus à la rigolade. Perdue dans ses pensées à longueur de journée à rêver de cet être, elle ne pouvait s'empêcher de renier les plus belles choses de la vie. Plus rien ne la faisait sourire. Aussi triste que cela puisse paraître, cela faisait 2 ans qu'elle n'avait plus voulu parler à quelqu'un. Les mots déchiraient le peu qu'il lui restait de conscience. Tout ça à cause d'une perte. Mais pas n'importe laquelle...

2 novembre 2008.

— J'ai peur.
Il se retourna vers elle.
— Tu n'as aucune raison d'avoir peur. Je suis là. Près de toi. Tu verras, c'est amusant.
Son métier l'avait toujours passionné. Lui qui avait ce don particulier de rassurer la nature de par sa voix, ne pouvait s'empêcher de croire que sa passion plairait autant à sa propre fille. Pour lui, les arbres étaient le meilleur remède à toutes les blessures. Il lui arrivait d'ailleurs de se poser pendant des heures au creux de ceux-ci, et de leur chuchoter des choses tendres, en toute intimité. Son amour pour la nature était immense. Il lui arrivait de dire que celle-ci lui répondait, mais jamais personne ne l'avait pris au sérieux.
— Il y a du bruit...
— Reste là, veux-tu. Il n’y a aucune raison d’avoir peur, ma chérie.
Détente. Impact. Cri. Pleure. Appel à l'aide. Détresse...

Elle l'avait perdu l'instant d'une seconde. Chasseurs imprudents approchant trop près de la lisière même de la forêt, tueurs inconditionnels de la personne auquel elle tenait le plus au monde, son repère, sa fierté. Le choc fut aussi lourd que si elle avait pris elle-même la balle en plein cœur. La forêt lui avait volé la vie, aussi simplement qu'elle lui avait volé son père.

Pour la première fois depuis cet accident, elle avait décidé de sortir seule, de marcher et de voir jusqu'où le vent la mènera. Aussi longtemps que ses jambes pourraient fonctionner, elle marchera. Encore et encore...
Le temps d'un instant, elle crut que son cœur allait s'arrêter à son tour quand elle s'approcha d'un pas léger vers la lisière. Les larmes coulaient seules, sans artifices aucun et sans cris de douleur. Les perles de ses sentiments s'écrasèrent sur le sol déjà humide, et se faufilèrent doucement entre les feuilles jaunies. Elle s'approcha doucement. Les souvenirs déferlaient dans sa tête à une allure folle. A chaque pas, aussi minimes soit-ils, cela déclenchait en elle un tourbillon de rires et d'éclats. Elle se faufila entre les arbres... En toucha un, puis l'autre, sentit un souffle léger lui caresser le visage. Ses cheveux tourbillonnaient dans le vent, le frisson poursuivit. Ce qu'elle ressentait à cet instant précis lui faisait le plus grand bien. Les arbres lui parlaient, et pour la première fois de sa vie, elle s'assit dans le creux d'un arbre et leur répondit :

1

— Papa ?

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