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Le cœur balance au gré du vent. Légère brise de printemps qui éveille mes poumons, l'éclosion des couleurs m'ouvre les yeux. Je me sens revivre.

J'étais, au plus profond de l'hiver et des abysses, blottie. Auprès de ma douleur. Douleur qui était un dépôt de sel, de cris et de sanglots et que, pourtant, je n'ai pas voulu faire partir. Il m'était impossible de me détacher de ses chaînes, de respirer autre chose que sa peine.

Mais voilà, les hautes lumières ont couvert le ciel étoilé de cette nuit de printemps. La fraîcheur s'écoule dans mes veines. Dans ses flots, ses marées tumultueuses, elle prend tout ; le vide, la haine, les mensonges.
Je me sens légère. Oiseau, brise de vent, écume. Tout glisse, tout s'en va. Et la neige est chassée de mon être. L'acidité, l'amertume. Les maux que tu m'as glissé sous l'oreiller, détruisant mes sourires.

Printemps, je ne t'oublie pas. Ce soir, tu as insufflé la vie tout autour de toi. Les branches se sont mises à danser, l'eau à dessiner des ondes ; ricochets.
Et tu as balayé la pluie de mes yeux, juste avant qu'elle ne s'abatte sur le sol.