Perdu Valentine

Participant
Grand Prix Printemps 2013
Il marchait sur le trottoir en rentrant chez lui. Fatigué. Épuisé par sa dure journée de travail. D’autant plus que l’ambiance était morose ces derniers temps à l’usine. Il se sentait comme dans un rêve, il n’avait pas l’impression de vivre ces instants. Mais une ombre le réveilla. Il le vit au coin de la rue. C’était lui. L’homme qui torturait ses pensées. L’homme dont tous les journaux parlaient en ce moment. L’homme synonyme de terreur à l’usine. L’homme que tout le monde craignait. L’homme qui avait tué plusieurs de ses collègues de travail.
Tiré de ses pensées, il continua d’avancer, la tête baissée. Puis soudain, sur sa droite, une ruelle apparut. Sans prendre le temps de réfléchir, il tourna. Il ne connaissait pas cet endroit mais s’y sentait en sécurité. Au bout de l’étroit chemin, il vit une forme rouge. Il s’approcha pour mieux distinguer cela. C’était une flèche. Une grosse flèche rouge. Cette flèche lui dictait son chemin. Il l’entendait presque murmurer « viens, viens, c’est par-ici ». Il était comme hypnotisé. Son crâne le torturait. Il réfléchissait trop. Une partie de lui-même voulait la suivre, une autre lui soufflait que c'était un piège. C’est finalement malgré lui qu’il suivit cette flèche, emporté par son mal de tête.
Elle l’entraîna dans une petite ruelle semblable à la première et il trouva au bout la même flèche rouge. Et ce fut ainsi des dizaines de fois. Au bout d’un long moment, une des flèches indiquait une demeure sombre, perdue au milieu d’arbres aux formes étranges. Il voulait repartir. Mais derrière lui, il entendait distinctement les pas du meurtrier. Il était terrifié. Il franchit donc l’immense porte qui lui faisait face. A l’intérieur, aucune fenêtre. C’était la nuit. Ou la mort. Il devinait quand même des escaliers sur sa gauche. Il monta. Quand il s'appuya sur la rampe, un frisson le parcourut. Elle était gelée. Il continua son ascension, sans oser se retourner.
Il arriva devant une porte, plus petite, mais toute aussi lugubre. Il lui fallait quelque chose pour entrer. Il ne savait pas exactement quoi mais cette chose, il la possédait. Son esprit fut de nouveau divisé en deux pensées : entrer ou se rendre face à l’assassin. Il choisit la première proposition. Derrière la porte, il n’y avait pas plus de lumière. Il faisait même encore plus sombre. Les pas du meurtrier résonnaient dans sa tête. Il était chez ce meurtrier qui allait venir le tuer. Sa peur l’envahissait. Soudain, il entendit un effroyable rugissement. Cet homme possédait donc un monstre. Il n’avait pas besoin de l’attendre pour mourir. Il s’avança un peu, ne sachant pas quoi faire. Sous ses pieds, il sentait un liquide encore chaud. Du sang. Il marchait sur du sang. L’assassin venait de tuer quelqu’un et il était le prochain sur la liste.
Il ne voyait rien. En tâtonnant dans l’obscurité, il trouva un interrupteur. Enfin, de la lumière ! Il appuya sur le bouton. Ce geste le ramena chez lui. Le chat avait renversé du lait. Il nettoierait tout cela après une longue, longue sieste.
Le prix est terminé mais vous pouvez continuer à aimer.
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