Ma cruelle bohème HurleVent
ÉTÉ 2012 218 vues
Elle avait les cheveux en désordre, ma bohème. Vibrante comme l’aile frissonnante
d’un oiseau sauvage, belle comme l’azur déchiré par l’éclair ; je murmure encore
son nom lorsque la nuit tombe. Passée comme une bourrasque dans ma vie, c’est à peine
si j’eu le temps de l’étreindre. Et sur mes lèvres brûle encore le dernier baiser
qu’elle m’offrit avant de disparaître. Je vois encore sa robe folle tourner autour de
ses jambes abîmées par la route, je sens encore battre contre ma poitrine son cœur
abîmé par les hommes. Ma bohème, ma bien-aimée, flamme des hommes perdus. Aussi belle
que cruelle, tu es partie, nus pieds, traverser le monde sur ta brave monture nommée
passion ; et tu m’as laissé, corps nu, traverser ma peine sur ma triste monture
nommée amour.
Elle avait les cheveux en désordre, ma bohème. Passée comme une nuit d’été à
travers le jour terne de ma vie. Tu as laissé, suspendue à mes lèvres, toute la grâce
infinie et volatile d’une étreinte inachevée.