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 Instant de vie Humour

Le tambour d'écume 

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On attend. Seul, parfois à deux.
On regarde, sans même penser réagir.

Un mouvement circulaire dévaste la réalité de nos vies.

D'abord les secousses entament la danse. Lentes puis rapides, faibles puis intenses.
Puis on la guette, on se surprend à l'attendre.
Elle apparaît alors comme un puissant courant, et lorsqu’elle est là, lorsqu’enfin elle surgit, tout s'effondre.

L'eau envahit ce monde émergé, écrase toute résistance, transforme les couleurs à jamais.
Certains édifices éphémères résistent un peu plus longtemps mais finissent par sombrer.
L'ensemble est terne, monotone, le pétillant des coloris n'est plus qu'un souvenir.
Chacune des choses qu'on a connues n'aura plus jamais le même aspect ni la même odeur.
Personne ne bouge, les gens n'en ont strictement rien à foutre. C'est comme si c'était normal. Un effet de gel.
Une paralysie partagée.
Et ce roulis, incessant, invariable. On ne reconnaît plus rien.
Reste ce décompte.
C'est une règle à laquelle on ne déroge pas.

On ne veut pas savoir, on refuse de voir.
On entend, comme un courant, une vague fracassante, une machine infernale sans la moindre émotion.
La poudre blanche, la mousse grise achève les restes de ce passé.
Et toujours cette eau, pas assez limpide.
On se laisse doucement aller, la torpeur prend le dessus. Plus que quelques minutes.
Nos yeux peinent à rester ouverts. Les enfants s'endorment, on les rejoindra bientôt.
Le roulis a raison de nous.

Programme cinq, trente minutes écoulées, le linge est propre.