Temps de lecture
1
min

Kidnapping 

1466 lectures

1463 votes

L’impact des gouttes sur le métal du capot de la voiture retentissait sans cesse. Ligotée, les yeux bandés et couverte de sang, Madeleine était enfermée dans le coffre du véhicule des quatre bandits qui l’avaient suivie depuis le supermarché où elle venait de faire ses achats. Elle sentait le roulement saccadé de la voiture qui indiquait qu’elle traversait un terrain champêtre ou forestier. Et puis, elle entendit des coups de tonnerre terrifiants. Une pluie torrentielle s’abattit violemment sur la terre ! Tout d’un coup, la voiture s’arrêta et on en sortit Madeleine pour la déposer dans une pirogue motorisée qui attendait dans un petit port de pêche où d’immenses vagues n’arrêtaient pas d’agiter la mer !
La pirogue était sur le point de démarrer quand on entendit des voix tonitruantes ordonner aux ravisseurs de se rendre. Il y eut des coups de feu rapides et menaçants dans la campagne lugubre et pluvieuse ; on entendait partout des vociférations infernales et stridentes et puis soudain deux hommes s’affaissèrent dans le petit bateau. Le sang coulait à flots ! Mais les deux autres kidnappeurs réussirent à mettre le moteur du bateau en marche et la pirogue s’élança sur les vagues déferlantes. Madeleine n’arrêtait pas de vomir et l’un des hommes cria :
« Détachons-la, il ne faudrait pas qu’elle s’étouffe, il faut la remettre vivante ! »
Après l’avoir déliée, ils décidèrent de se débarrasser des deux corps complètement recouverts de sang en les jetant par-dessus bord ! Et comme Madeleine essayait de garder son équilibre en s’agrippant au rebord de la pirogue, elle vit trois requins qui, attirés par le sang des hommes jetés à la mer, venaient droit sur elle. Prise de panique, elle recula rapidement, trébucha et tomba sur un pieu en fer qui servait à retenir les filets des pêcheurs. Son visage était tout ensanglanté et elle poussa des cris perçants de douleur avant de perdre connaissance. Les hommes, conscients du danger imminent posé par les requins, modifièrent la trajectoire de la pirogue qui, trois quarts d’heure plus tard, toucha terre dans un endroit désert. Madeleine, transie de peur, et toute recouverte de vomi et de sang, reprenait petit à petit conscience. C’est alors qu’elle entendit des hommes donner des ordres à ses ravisseurs dans une langue étrangère et les seuls mots qu’elle comprît étaient « ambulance » et « hôpital » répétés à plusieurs reprises.
Elle fut soulagée de voir une ambulance arriver pensant qu’on allait l’amener à l’hôpital pour lui prodiguer des soins. Mais quelle ne fut pas sa surprise quand l’ambulance s’arrêta devant un hôpital improvisé en pleine forêt ! C’est à ce moment-là qu’elle se rappela avoir lu, quelques jours auparavant dans un journal de son pays, qu’au cours des deux dernières années une cinquantaine de personnes avaient disparu sans laisser aucune trace ! Un hurlement terrifiant et glacial s’échappa de son corps meurtri quand le titre de cet article lui revint à la mémoire : « Existe-t-il un réseau de trafic d’organes dans notre petite île paradisiaque ? »