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 Instant de vie Arts Drame

De l’évanescence des mots 

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Une page blanche, puis une autre, et ainsi de suite. Rien ne vient plus entraver cette monotonie chromatique, pas un seul petit signe ou même une simple tache d’encre. Théo revient en arrière, vérifie si ce n’est pas contagieux. Les feuilles sont abîmées, froissées par l’usage, mais ça déborde de caractères en tout genre. Il aurait presque envie d’étirer le papier pour faire plus de place – c’est sans compter que, comme le temps, le papier ne s’étire pas à la demande. Puis, plus il va en arrière, plus les mots sont confus, ils se mélangent, ils ne tiennent plus en place, ils s’émiettent. Les plus gros, bien figés en lettres capitales, restent. Et les plus petits ? On a souvent que faire de ceux-là. Théo, lui, c’est ceux qu’il préfère. On lui dit que ce n’est pas grave, qu’il suffit d’en inventer des nouveaux. Mais les petites choses se sont écrites à deux et, sans Léa, il n’y a plus d’histoire, juste des pages blanches.