3 à 0 Karyll
ÉTÉ 2012 229 vues
La jeune femme regarda l'homme à ses pieds.
Il était là, allongé, comme endormi. Apaisé. Comme elle.
Elle sourit. Enfin tranquille. Pas trop tôt.
Elle resta là quelques instants, le regard dans le vague, perdu dans la noirceur de la
nuit. Puis, elle retrouva la vie. Elle ramassa ses ciseaux et se tourna vers chez elle. Il
était temps de rentrer et d'aller se reposer un peu. Demain, on viendrait sûrement
sonner tôt à sa porte : on était dans un endroit très fréquenté et il y avait ses
empreintes de partout sur le corps. Pour elle, il y avait encore quelques heures, des
ciseaux servaient à découper du papier. Il n'y avait pas de contre-indication pour les
hommes.
Il n'aurait pas dû être le troisième homme de la journée à lui tripoter la cuisse parce qu'elle avait osé la mini aujourd'hui.
« Un c'est chiant. Deux c'est trop. Trois, c'est tuant. »
C'est exactement ce qu'elle dit à la juge chargée de l'affaire le jour de son procès. Alors que des murmures outrés retentissaient dans la salle, celle-ci lui sourit deux secondes : elle voyait tout à fait de quoi la jeune femme voulait parler.