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J'entends toujours le son de tes morceaux d'automne,
L'essence de tes rêves,
Orange
Se dessèche à l'image du monde. Endormis de l'hiver...
Doucement tes caresses assassinent la nuit
L'écorce, aucune mort et les mots plus de sens,
Le dormeur se grise, son sommeil l'emporte
La plume esquisse la feuille d'aubépine.
Et la rose.
Le rossignol chante, l’immémoriale prose.

C'est un hymne à l'été, un soupir d'agonie
Le chant non exhaussé d'un lyrisme de nuit
Le lit d'une rivière, les branchettes d'un nid
Qui pour le rossignol ne peuvent plus être dit.
C'est le songe d'une prose, l'esquisse d'un récit
Les gouttes de rosée et le vers dans le fruit
Orange. Comme l'automne endormie dans l'hiver
Comme la rose, orange. Immémoriale orange.

J'entends toujours le son du rossignol mort
Sa plume qui caresse l'essence d'aubépine
Et doucement l'écorce, par morceaux, s'assassine.
L'hiver grise l'automne, les mots n'ont plus de sens.
Endormi à l'image du monde qui l'emporte
Le dormeur sur la feuille, orange, se dessèche.
Ses rêves esquissent la rose...
Dans son sommeil il chante, l’immémoriale prose.