Temps de lecture
1
min

 Alexandrins Nature

Petit-déjeuner 

826 lectures

61 voix


Comme aux rebords du monde il a jeté du sable,
Le soleil sur les prés semblait mettre la table.
On le voyait de loin dresser sur les collines,
Toutes pleines d’odeurs, brodées d’étoffe fine,
Ses nappes d’ocre jaune, immenses, ondulantes,
Où s’épousaient sans bruit le colza et la pente.
La rivière de brume ourdissant la vallée
Tissait dedans les nues ce bleu qui l’avalait.
Le jour passait sa main sur les animaux gourds,
Dans les champs d’à côté paissaient des taureaux lourds.
Plus loin germaient déjà de blondes céréales,
Qu’exhaussait le printemps vers un ciel idéal.
Dans ce temple parfait les heures communiaient ;
Dévorant le pain frais du céleste fournier,
Buvant l’eau des ruisseaux cascadant leurs sermons,
Je me gavais de joie en contemplant les monts.