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173 voix


Dans la rue, il y a un vieil homme,
Feutre et canne, le regard perdu,
L’amidon élégant d’une ancienne jeunesse.
Il passe
Et soudain ses moustaches sourient
Son chapeau s’incline vers moi
Vers un « Bonjour Marguerite ».
Avec sa voix émue,
Avec ses yeux heureux,
Il répète doucement
Le nom de Marguerite,
Le murmure encore
Sur quelques pas de bonheur,
Quelques pas dans la pluie
Où l’empreinte s’efface.
Et c’est comme un parfum
Qui flotte longtemps encore
Sur le printemps d’un trottoir,
Sur le hasard d’un instant
Qu’on ne dissipe pas.
Et j’aime ce vieux Monsieur
Qui ne saura jamais mon nom,
Appelant toujours Marguerite.
Et j’aime ce vieux Monsieur
Avec ses amours d’antan,
Et ses violettes au cœur
Qui ne faneront plus.