981 lectures

117 voix


À l'ombre de Giono, quand chantent les cigales
C'est Cézanne qui peint. Et la Montagne sainte
Dans la nuit étoilée danse une farandole
Que Van Gogh endiablé, de son pinceau affole.

Sur la terre bénie, les soleils tournesols
Vibrant sous la chaleur lorgnent vers le long fleuve
Avide de grands bras et de bouche delta.
Les pins nés maritimes, quelquefois parasols
Protègent un château où Pagnol grandira.

Et d'une trilogie éternelle il incarne
De Marseille à Paris, en passant par l'Estaque,
Cet attrait d'une mer aux bleus parfois iris,
Ce pays envié au parfum de vacances,
Ces exploits de pétanque assoiffés de pastis
Quand Marius, pitchoun, explorait les restanques.

Au détour de la carte murmurent des calanques
Aux accents frottés d'ail. Puis Daudet écrira,
Des lettres envolées aux ailes d'un moulin,
Cucugnan, Petit Chose, … Lui aussi raconta.
Une chèvre, un loup, la fin d'une imprudente,
Des traditions perdues, nostalgie rémanente.

Mais la liste est bien longue.
Depuis la Canebière jusqu'à la Callelongue.
Le mistral a soufflé et Bizet est venu.
Sur le pont d'Avignon dansait une Arlésienne.
Personne ne l'a vue.