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Elles sont toujours là malgré le temps qui passe,
Gorgées de ces printemps qui ne se comptent plus ;
Fières et fidèles et que rien ne déplace,
Elles sont le témoin d'un passé révolu.

Elles ont la couleur de ces matins d'automne
Quand le brouillard étend son épais manteau gris ;
Et lorsque le soleil, sur elles, s'abandonne,
Elles se parent d'ocre au cœur des murs meurtris.

À l'abri des regards elles cachent parfois
Des cœurs ensanglantés des affres d'une guerre,
Blessures profondes d'un monde d'autrefois,
Qui se dissimulent sous un rideau de lierre.

Et si vous les voyez pleurer des larmes noires,
C'est la sueur de ceux qui les ont posées là ;
Celle des bâtisseurs que gardent en mémoire
Les âmes de pierres que le temps mutila.

Écoutez-les parler, raconter leurs histoires,
Celles des temps passés, celles des temps présents,
Celles des mauvais jours, celles des jours de gloire ;
Amoureux qui passez, arrêtez-vous un temps.

Touchez et caressez ces pierres séculaires,
Nobles et si belles que rien n'a remplacé ;
Elles vous laisseront, sur elles, pour vous plaire,
Graver au fond d'un cœur vos prénoms enlacés.