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 Octo et décasyllabes Humour Art

Les poétiques anonymes 

Hhl

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Cette nuit alors que j’œuvrais
À retrouver l’inspiration
Dans mon salon je découvrais
Une étrange conspiration

Asseyez-vous comme des rois
Je vais vous narrer le contexte
Ils étaient tous, présents, je crois
Les ingrédients de mes textes

Assis en cercle, c’est étrange
Murmurant, la tête baissée
Semblable à un bataillon d’anges
À chaque mot, ils acquiesçaient

Et je restais dans la pénombre
Mon menthe tilleul bien tenu
Comme je ne sais plus leur nombre
Lors, je narre le contenu

« Bonsoir, alors, moi, c’est le vers
En octo, alex, ou déca
Ma peur, c’est d’être de travers
D’être celui qu’on ne lit pas »

« Moi, je me nomme la césure
Vous n’imaginez même pas
On me néglige, on me rature
On organise mon trépas »

« Oulà ! Vous plaignez pas mes frères
Je suis la rime, enfin, j’étais
Ma vie, rien que de la galère
Car je deviens sonorité »

« Moi je suis second hémistiche
En bref, j’assure le relais
Du premier, mon Dieu que c’est quiche
D’attendre pour pouvoir parler »

« M’oubliez pas, moi, la diérèse
À croire qu’ici je ne suis
Qu’un chapitre pour une thèse
Un souvenir évanoui »

« Bonsoir, je suis la métaphore
Et pour les poètes bien nés
J’étais le Graal, le sémaphore
Aujourd’hui nul ne me connaît »

« Hé ho, les gars, moi, le poème
Moi c’est pire que pire, enfin !
Je ne sais plus trop si l’on m’aime
Mais bon, j’ai le mot de la fin... »

Cette nuit je compris ce que
Parfois, bien trop, je sous-estime
Mon inspiration fait la queue
Aux poétiques anonymes