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Quand je venais le soir dans cette chambre blanche,
T’apporter mon amour,
Des fragrances de vie,
Tu m’attendais fébrile, un peu comme un dimanche
Lorsque je t’emmenais fouler les ambroisies.

Sans ciller, sans te plaindre,
Tu livrais ta bataille,
Sur un lit de chardons et d’épines d’ajoncs.
Comme l’oiseau blessé des grèves de Cornouaille,
Tu allais t’envoler vers d’autres horizons.

Je te prenais la main dans la lumière blême,
La posais sur mon cœur pour mieux la réchauffer.
Je te disais : « Respire »,
Je te disais : « Je t’aime »,
Te suppliais tout bas de ne pas me quitter.

Tu ne voulais pas mourir...
Tu voulais retrouver les folles ambroisies,
Ta robe bain-de-soleil,
Tes boubous fantaisistes aux teintes d’isatis,
Nos grands chapeaux de paille aux rubans de bohème.

Un soir, tu m’as souri,
Divinement souri...
J’ai vu dans ton regard des merveilles infinies,
Ton amour incommensurable...
Et puis, tu es partie...

Aujourd’hui, c’est dimanche.
Je n’irai jamais plus fouler les ambroisies.
Je revois ton regard,
Ton ultime sourire...
Et les pépites d’or dans tes yeux de maman.

Je pleure...