Le valet du Diable Mégadingue
ÉTÉ 2012 313 vues
Pour le valet du Diable, il y avait fort à faire
Son maître s’ennuyant au fond de sa tanière
Le harcelait sans fin pour avoir quelques âmes
Et voir se consumer leur laideur dans les flammes
Le chant des alouettes annonçant les beaux jours
Les paysans déjà commençaient les labours
De leurs charrues féroces ils pénétraient la boue
A laquelle se mêlait la sueur de leur cou
Se moquant de briser l’échine des bestiaux
Ils enfonçaient le soc au sein de leur joyau
Ce terrain qu’ils violaient leur offrait cependant
Avec naïveté ses fertiles arpents
Caché dans un talus, le fidèle valet
Observait sans un mot cet amusant ballet
Il avait moissonné des âmes en pagaille
Des dunes sahariennes aux plaines de Cornouailles
Il aimait se bercer au son doux et cruel
Des cloches annonçant une montée au Ciel
Il ricanait devant les boîtes en sapin
Où gisaient inutiles les restes des humains
Il décida alors pour changer de méthode
De semer le poison au milieu des récoltes
Pour tenir en son bec la vie de ces pantins
Tel un vautour avide dépeçant un lapin
Les villageois furieux devant tous ces dégâts
S’entretuèrent alors en un grand choléra
Le Malin satisfait récupéra son dû
Et fit de son valet le roi des anges déchus