Élise

Élise

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Ce soir, les étoiles semblent éteintes et la Lune se tient seule dans l'immensité du ciel.
Apparition cadavérique
À la gracieuse pâleur,
La Lune pleure.
La Lune pleure, parce qu'elle est lasse,
Lasse de tourner sempiternellement autour de la Terre,
Lasse d'éclairer sa moitié lorsque le Soleil s'efface,
Lasse de dompter l'Océan.
Elle ne veut plus être ce simple satellite auquel on a négligemment donné un nom.
La Lune se sent méprisée des astres,
Insignifiante et couverte de laides cicatrices.
Et rien ne pourra la consoler,
Ni les somptueuses odes que les Hommes lui dédient,
Ni les chaudes étreintes des rêves enfantins,
Ni les doux baisers du Soleil contre sa peau nacrée.
La Lune pleure et ses larmes de cire se répandent sur la planète bleue,
Se dissolvent dans les profondeurs marines,
S'écrasent sur la cime des arbres.
La Terre est toute tachetée de blanc.
Elle gronde, elle peste ;
C'est la goutte de pluie qui fait déborder le ciel.
La Lune est maintenant secouée de sanglots incontrôlables ;
Les gouttes s'abattent sur les Hommes et les recouvrent de cire.
La Lune se débat, se débat
Dans l'espoir vain de se dégager de la Terre.
« ASSEZ, ASSEZ ! », hurle celle-ci,
Et la Lune cesse.
Elle n'est désormais plus qu'un maigre croissant,
L'ombre d'elle-même.
La Lune comprend, résignée,
Qu'elle ne pourra jamais, jamais lutter
Contre les lois de la gravité.