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 Alexandrins Nature

La vague et l’écume 

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Quand vient du silence, pour unique tunique,
Et dans les profondeurs des corolles errantes,
Là, je ferme les yeux d’une vague tentante ;
Vers qui me tournerais-je ? Ô désir fatidique !

Entre vague et écume, où sont nos temps heureux ?
Vers quels cieux mon âme, vers quels lieux d’une flamme
Brûlerais-je encore, d’un bel été radieux ?
Et sur les océans scandés par une dame

L’horizon vermillon embraserait mon âme,
Et mon corps, et mon cœur, en pâture à ce drame,
D’une nuit de chagrin je m’abandonne pour toi,
Inévitable leurre et gronde encor pour moi.

Sur les ondes de paix, les vagues déferlantes
Aux œillades de feu, quand le combat s’engage,
Déversent sur l’ébène à souhait l’âme errante,
J’étouffe sous la vague et l’écume m’enrage,

Ni le sel de ton corps ni l’arôme ne m’exhortent
Plus forte inspiration qu’un désir, qu’une ivresse ;
Tout ton être engage l’amour qui nous transporte,
Suspend ton regard et vois le jeu qui me blesse.

Toutes voiles dehors, il est temps de partir,
De ton soleil, dès lors, ne pourrait en flétrir !