La fille de Fécamp Thelbec

Finaliste
Grand Prix Printemps 2013

Les soirs, presque tous les soirs...

Quand s’éloignent les marins
Tournant le dos à la lumière
Je sors affronter les embruns
Pour aller au café Corsaire

Je marche en longeant les remparts
Et en cherchant les tombolos
Aidé de la lumière du phare
Qui illumine Saint-Malo

Là-bas, on parle vraiment de tout
Des marées et du mauvais temps
Mais l’on entend parler surtout
De la fille qui vient de Fécamp

Celle qui chaque soir touche le fond
Avec ses yeux remplis d’écume
Celle qui fredonne des chansons
Le coeur aussi lourd qu’une enclume

Celle qui un jour a tout perdu
Quand elle a su là-bas au port
Que son marin pêcheur d’morues
Etait victime d’un mauvais sort

Celle qui depuis attend son homme
Celui qu’on surnommait Malouin
Celle qui depuis se noie de Rhum
Innondée par des flots d’chagrins

Et puis un soir, un fameux soir...

Un soir, elle a ouvert le bal
Sous les p’tits lampions en papier
A l’heure où les marins étalent
A l’horizon leurs longs filets

Elle a transformé à elle seule
Mon café en une salle des fêtes
Elle sentait fort le chèvrefeuille
Son odeur m’explosait la tête

Elle tournoyait la coiffe au vent
A en effrayer les enfants
Qui ramassaient les p’tits bouchons
En usant tout leur pantalon

Dès qu’elle commençait à servir
Elle faisait rougir les aïeux
Qui plongeaient le nez et les yeux
Dans une grande bolée d’élixir

Et c’est alors qu’elle virevoltait
Sous les airs d’un accordéon
En acclamant fort qu’elle aimait
Un marin pêcheur d’esturgeons

C’est alors que j’me suis r’connu
Moi le corsaire tombant des nues
Elle m’a dit tu « t’appelles Ronan ?
Moi j’suis la fille de Fécamp »

Puis m’a dit « moi je n’aime pas l’caviar
Je sais, tu dois trouver ça con
C’qui m’plaît chez toi c’est ton regard
Et ta petite gueule de Breton »

Le prix est terminé mais vous pouvez continuer à aimer.
Signaler un abus

à découvrir
de la même thématique

POÈMES
3754 lectures 816 votes

Ici, l’odeur est omniprésenteUne odeur d’alimentsMêlés de sang et d’urineFaisant, d’un jour ensoleilléBonheurs et malheurs de badauds ... [+]

Lauréat
Short Edition - Dauphiné Libéré

à découvrir
au hasard

POÈMES
953 lectures 71 votes

Cent cinquante violons parés pour en découdreUn souffle qui s’arrête, au bord, et qui se taitDix-huit lanternes floues éclatées par la foudreDeux cent treize badauds qui traversent l’été ... [+]

Lauréat
Grand Prix Été 2014

à découvrir
au hasard

POÈMES
1063 lectures 50 votes

Oh là là un sonnet, ce n’est pas si facile De trouver le bon vers et le nombre de pieds ; Même pour s’amuser d’une muse futile, Il faut savoir compter sur le bout de son nez. Car le mot ... [+]

Lauréat
Grand Prix Été 2012

Quelque chose à ajouter ?

comments powered by Disqus