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Philippe Labus

Philippe Labus

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J’allai en Normandie
Et j’y vis une endive
Derechef, je me dis
Mais quelle énorme endive
Peut-être est-ce la norme
La norme de l’endive
En Normandie du Nord
Elle est bien moins chétive
Que sa consœur du Sud
Qui est plus maladive

Sur ces mots je m’en fus
Je m’en fus aux Maldives
Où il est bien connu
Qu’il n’y a point d’endives
Mais des vahinés nues
À la courbe lascive
Et aux seins si pointus
Qu’on dirait des endives

Cette étrange obsession
Pour la très sainte endive
M’amène en confession
Près de Tananarive

J’attends le roi Chicon
Le voilà, il arrive
Dans une De Dion-Bouton
À énergie passive
Mais faute de goudron
Dans ces contrées oisives
Il glisse comme un con
Dans un bain de chaux vive

La rate au court-bouillon
Et l’écume aux gencives
Il se consume du fion
Aux papilles gustatives

Avant de calancher
D’atteindre l’autre rive
Il me dit courroucé
D’une voix mourousyves
« L’endive m’a tué
C’est elle la fautive
Car j’ai trop vénéré
Cette plante corrosive »

« Aujourd’hui elle s’en va
Je sens bien qu’elle s’esquive
Elle se venge de moi
Telle une femme abusive
Car je fus un grand roi
Je fus comme Hubert Reeves
Maintenant me voilà
Occis par une endive »

Cet accident me plonge
Dans l’expectative
Et je n’en vois le fond
Que dans une douleur vive

Depuis je vis une vie
Ample et méditative
Et je plante à l’envi
Des choux de Bruxelles