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Génèse d'une abbaye 

Francis

Francis

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Un abondant tapis d’un humus nourricier,
Une rivière abondée de sources généreuses,
Ombragée par des chênes et de grands châtaigniers
Enclins à sacrifier leurs branches vigoureuses
Pour offrir solivage, lambourdes et poutraison.
Alentour des collines de calcaire coquillier
Empressées de trousser leurs cottes de buissons,
Pour exposer leurs flancs aux outils du carrier.

Saluant sa découverte d’une bolée d’eau fraîche,
Le moine fut confondu par la paix de ces lieux
Que venait souligner un envol de chevêches.
Goûter cette quiétude comme un chant silencieux,
L’enchâsser dans les pierres d’un cloître et de chapelles,
La pouvoir sanctifier, magnifier d’une nef,
L’orner de chapiteaux, l’honorer d’un autel
Et doter l’abbaye de cette muette richesse...

Le royaume céleste est pétri de lumière
Intimement mêlée de silence et de temps.
Il a souche ici-bas, au milieu de clairières,
Par de larges colonnes d’un silence immanent
Aux temps originels, qui virent le néant
Inventer tournoiements et illuminations.
Par la grâce que ces lieux leur confèrent amplement,
Les prières s’y élèvent jusqu’à sublimation.

Sa vieille écuelle tournée dans du bois d’olivier
Fut remisée au creux d’un contrefort pierreux.
L’idée que ce puisse être le premier vaisselier
D’un prochain réfectoire émut le religieux.
De la pierre et du bois, de l’eau et du silence,
Le labeur et la foi feront une abbaye.
Le moine agenouillé loua la Providence
Et pria longuement saint Benoît de Nursie.