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Je revois le pimpant pavillon de meulière,
Dans son jardin fleuri aux sublimes senteurs
Les beaux matins d'été baignant dans la lumière,
Cet oasis empreint d'éclatantes couleurs.

Je revois s'agripper sur la blanche barrière,
Les rosiers odorants et près de la tonnelle,
La tige vigoureuse d'une rose trémière,
Présenter fièrement ses gerbes vers le ciel.

Je revois au grenier, les nichées d'hirondelles
Qui prenaient pour abri la charpente du toit,
Puis, un jour de printemps, filaient à tire-d'aile,
Pour aller conquérir les grands arbres du bois.

Je revois les raisins alourdissant la treille
Se gonfler, chaque jour, du nectar de la vie,
Les paniers en osier débordant de groseilles,
Transformées en gelée devant nos yeux ravis.

Je revois la cuisine où tu passais des heures,
À nous confectionner quelques plats mémorables,
Puis tu nous regardais croquer avec bonheur,
Tous ces mets délicieux disposés sur la table.

Je revois les blés d'or qui couraient sur la plaine,
Les brassées de bleuets cueillies au petit jour
Dont tu aimais fleurir les pots de porcelaine
Semblant toujours attendre l'heure de notre retour...

Je revois le vieux banc où tu aimais t'asseoir,
Après avoir jeté la semence aux sillons,
Pour profiter un peu de la tiédeur du soir,
Lorsque l'ardent soleil éteignait ses rayons.

Je revois la lueur qui brillait dans tes yeux,
Lorsque tes bras s'ouvraient à tes petits-enfants.
Je ressens le bonheur qui régnait en ces lieux,
Havres de mon enfance, souvenirs incessants.

Bien souvent, dans mes rêves, je revois ce décor.
Du fond de ton jardin, soudain, j'entends ta voix.
Qui peut dire, que d'un être, nous sépare la mort ?
Je ferme juste les yeux et tu es près de moi.