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Lilouye

Lilouye

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J'aurais voulu dormir
Dans le jardin des âmes
M'étendre de solitude
Au frais des frondaisons,
Respirer le silence
Dans les exhalaisons
Des notes de tabac
Qui rythmaient, calme et douce
L'habitude à ton pas.

J'aurais voulu saisir,
En ce jardin tranquille
Étreindre dans son vol,
À l'archet de mes doigts
Des trilles de l'oiseau
Qui déjà s'éparpillent,
Le vibrant allegro,
Mais comment retient-on
Fugitive harmonie ?
Tels griserie d'alcool
Aux élytres du vent,
Les éthers de l'enfance ?

Je suis venue grand-père,
Au jardin de mon rêve,
J'ai revu le grand chêne
Ses jades frondaisons,
Je me suis étendue
En l'humide des sèves,
J'ai cherché le sillon
Des fragrances bleutées
Aux brumes de tes lèvres,
En vain dans l'air ardent
Du chœur des passereaux,
Nulle petite fille n'a paru,
Ni cerceau,
Pas plus que ton pas lent
Sous l'ombre du chapeau

Je suis venue grand-père,
Des trésors à mon bras,
L'enfance en bandoulière
Au jardin de ton âme,
Et l'écheveau du temps
Au pied des hautes rames,
Défiant l'éphémère
A glissé de mes doigts