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 Vers libres Humour

En sourdine 

Mégadingue

Mégadingue

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On ne sait pas que le bonheur est extensible
Alors pour ne pas trop tirer dessus
On ne s’en sert pas
On ne sait pas que tous ces dangers invisibles
Qui nous guettent au coin de la rue
N’existent pas

Sur l’étal des poissonniers on entend la mer
Mais jamais on ne prendra un navire
Pour mieux l’écouter
A l’abri des embruns et des coups de tonnerre
On regarde l’inconnu mourir
Sur les rochers

Serrés comme des sardines
Dans des vies trop étroites
C’est en sourdine
Que l’on s’éclate

On joue dans les églises, à coups d’alleluiah
Un prélude au bonheur qui ne grandira pas
On s’en lave les mains
Au fond des bénitiers, ces lavabos ingrats
Qui nous font croire que l’au-delà
N’est pas très loin

Serrés comme des sardines
Dans des vies trop étroites
C’est en sourdine
Que l’on s’éclate

On guillotine nos rêves à grands coups de tondeuse
Les tombes que l’on creuse au marteau-piqueur
Et qui nous effraient
Viennent nous rappeler en une amère berceuse
Qu’on sera toujours débiteurs
Alors on paie

Serrés comme des sardines
Dans des vies trop étroites
C’est en sourdine
Que l’on s’éclate