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18 voix

Par devant le soleil se glisse un crêpe noir,
Souffle le froid métal et naissent les effrois.
Une porte se ferme sur la vie et l'espoir
Le mécréant se serre contre celui qui croit.

L'obscurité se mue en un noir sidéral,
Menace d'être éternelle et la raison défaille...
Mais Grâce ! Le masque tombe, nonchalant, théâtral.
L'astre renouvelé recolore le vitrail.

Un vilain oiseau noir se nichait sur ta tête,
Son bec était crochu et son œil exalté.
Héritier du Démon et fils de gypaète
Il gavait de ton âme sa monstruosité.

En déployant ses ailes, il te plongeait dans l'ombre,
Dissimulant au monde son ignoble repas.
Son haleine fétide dépeuplait les décombres
De ton cœur, de ta vie. Il en sonnait le glas.

Dans un sursaut puissant, une ultime révolte,
D'un épieu de lumière tu as chassé la bête
Et ses cris éraillés qui grincent et qui sanglotent
Font écho à ton rire qui proclame la fête.

Le soleil revenu, la vie se rassérène.
Elle danse, victorieuse, défiant le maléfice.
Ses jours sont éclatants et ses nuits sont sereines
Le temps s'est fait soyeux comme une fin d'éclipse.