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Après avoir langui quelques mois en voyage,
Le printemps revenu défaisait ses bagages,
Il tirait des couleurs du fond de sa valise,
En étalant aux champs le vert de ses chemises...

Réfléchissant aux cieux ses lumières vernales,
Se fardant à l’envi, s’étirant en pétales,
Les ombrelles des fleurs éclosant sur leurs queues,
La douceur musardait ses papillons par deux...

Entrecroisant leurs vols, mésanges, tisserins,
Narguaient ceux qui rampaient dedans le romarin,
Mais vifs et laborieux, les insectes au sol,
Avaient en boutons d’or un ciel de parasols...

Dans la rosée perlant aux toiles d’araignées,
Le soleil mis à nues descendait se baigner ;
Sur l’horizon lointain, en courbes sculpturales,
Des collines rêvaient à d’autres bacchanales...

Dans la fraîcheur des prés, les arbres des vallons,
Venant enfiler l’ombre ainsi qu’un pantalon,
Se trouvant sans bouquet pour leurs nids en pléiades,
Firent s’embourgeonner leurs branches par myriades...

C’est là que tu passas, c’est là que je te vis,
À côté de la source où boutonnait la vie ;
Découvrant ton éclat, irisée de reflets,
La nature éblouie te lança ses sifflets...

J’étais venu pour peindre un poème, un tableau,
Quand tu tombas du ciel en muse au bord de l’eau ;
Promenant sur mon cœur tes pinceaux, tes crayons,
Ton foudroyant retour me berça de rayons !