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Il ne reste, là-haut, perché dans le mistral,
D’un grand rêve écroulé qu’un lambeau magistral.

De ce qui fut un roc aux puissantes courtines
Quelque donjon encor dresse entre les ruines
Un mur en souvenir de son faste d’antan.
Surpris, le passant croit, dans l’ombre du titan,
Voir des spectres fouler son débris millénaire.
Échauguettes et tours, muraille tutélaire,
Le flot, presque à ses pieds, lui tisse des reflets
Où se fondent la roche et ses merlons défaits.

À l’heure où vient la nuit, quand l’or au noir se mêle,
Un rayon fourvoyé ceint le soir de dentelle.
Le veilleur alors tend vers les cieux crénelés
Son pourpris ardéchois plein de trous étoilés.